Résumé de : Aulagnier S., Denys  C. 2000. Présence du Taphien à ventre nu, Taphozous nudiventris, (Chiroptera, Emballonuridae) au Maroc. Mammalia, t. 64 (1) : 116-118

Crédits photographiques : (c) Jakob Fahr (CC BY-NC)

La présence de Taphozous nudiventris Cretzschmar, 1830 au Maroc est signalée pour la première fois dans la région de Tata, sur le versant méridional de l’Anti-Atlas. Cette espèce, anciennement désignée sous le nom de Liponycteris nudiventris, avait été notée dès 1948 à Fort Gouraud (Igdil, Mauritanie), mais sa présence dans le Sahara marocain restait jusqu’alors incertaine.

La découverte repose sur des restes crâniens et mandibulaires retrouvés dans des pelotes de réjection de Grand-duc du désert Bubo ascalaphus. L’examen des caractères morphologiques et dentaires, notamment la forme du crâne, la présence d’une crête sagittale, le développement des bulles tympaniques, la robustesse des molaires et les dimensions des différentes structures osseuses, permet d’identifier ces restes comme appartenant à Taphozous nudiventris. Les mêmes pelotes ont également livré les restes d’un second spécimen de Tadarida aegyptiaca.

Cette observation constitue la première mention de T. nudiventris au Maroc et, plus largement, au Maghreb. Elle étend vers le nord-ouest l’aire de répartition connue de l’espèce, jusqu’alors comprise entre la Mauritanie et le Sénégal à l’ouest, la Tanzanie au sud, le Myanmar à l’est, ainsi que la Turquie plus récemment.

La région de Tata abritait déjà plusieurs espèces de chauves-souris caractéristiques des milieux désertiques d’Afrique du Nord, notamment Rhinopoma microphyllum, R. hardwickei, Asellia tridens et Tadarida aegyptiaca. La découverte de T. nudiventris renforce ainsi la composante érémitique de la chiroptérofaune marocaine, encore largement dominée par les espèces paléarctiques.

Enfin, cette découverte illustre l’intérêt des rapaces nocturnes pour l’étude des chauves-souris. Les pelotes de réjection du Grand-duc du désert peuvent en effet révéler la présence d’espèces difficiles à détecter directement, notamment celles qui occupent des fissures rocheuses, des cavités souterraines ou les rares ruines disponibles dans les régions désertiques.

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